L’intime usure et la renaissance d’un couple aux croisements de l'énergie du hip hop et de la Tanz theater, sur une création musicale électro et pop de la Neuvième symphonie de Beethoven. Chaque corps porte une histoire secrète, une hymne, et son langage. A travers l'histoire d’un couple, du premier slow, à l’étreinte chaude, au quotidien lancinant devenu glacial résonne le choc des identités, des races.
L’Hymme à la joie se recompose dans la culture contemporaine du remix: Sample à 128 BPM de l'orchestration d'Herbert Von Karajan, paroles sacrées revisitées en tube électropop, ou en ballade mélo sur piano bruitiste. Dans un huis clos, Feu glace questionne la possibilité de vivre intimement avec son ou ses contraires, la régénérescence de soi par l’étranger.

NEUVIEME SYMPHONIE DE LUDWIG VAN BEETHOVEEN

Dernier grand représentant du classicisme viennois (après Gluck, Haydn et Mozart), Beethoven prépare l’évolution vers le romantisme et influence la musique  occidentale pendant une grande partie du dix-neuvième siècle.
Feu et glace s’articule sur la construction musicale de la Neuvième symphonie de Beethoven, interprétée par Herbert Von Karajan et l’orchestre philarmonique de  Berlin.
Des arrangements électro-hip-hop traversent ou transforment la symphonie, urbanisant l’œuvre et structurant un dialogue entre corporalité rythmique des danseurs, circulation d’énergie et de portées.
À travers son puissant final où sont introduits des chœurs, la Neuvième symphonie apparait comme une évocation musicale du triomphe de la joie et de la fraternité sur le désespoir, sur le mépris de l’autre.
C’est un message humaniste et universel dans lequel une danse transcendantale prend corps, symbole de régénérescence, de la nécessité d’une vitalité flamboyante.

DANSE CONTACT URBAINE

Abordée dans Tanshin, Shonen continue de développer dans Feu et glace des états de corps en alerte : une danse contact basée sur la circulation et les portées des corps qui conservent l’énergie hip-hop et la spécificité de sa gestuelle urbaine.
Les interprètes conjuguent leurs corporalités personnelles et développent une danse hybride, dynamique hip-hop, portées acrobatiques et danse-contact vive (référence aux danses de l’extrême de chorégraphes contemporains tels que Win Vandekeybus ou de compagnies telles que Peepin Tom).
Dans un rapport oscillant entre urgence et relâché, les danseurs mènent une quête commune dans la vitesse et le développement sensoriel. L’écoute devient nécessaire dans un pas de deux où les corps s’aident ou s’affrontent, s’allient et se confrontent, nécessitant une vigilance de chaque instant.

DE L’UNDERGROUND A L’UNIVERSEL

Shonen travaille avec des personnalités fortes, ayant pratiqué longuement dans le milieu underground hip-hop lors de battles, d’entrainements dans la rue, dans des halles commerciales. Ces danseurs ont développé leur propre façon de bouger, d’entendre la musique, et revendiquent une vitalité propre, une envie d’expression personnelle dans l’âpreté urbaine, voire une posture sociale.
Cette quête d’identité rejoint celle de Feu et glace :
Comment deux caractères forts vont, parallèlement à leur quête d’identité, trouver leur quête commune ?
Et comment vivre à deux ?
Un dialogue  commençant  par la friction de leur gestuelle personnelle, par un langage de signes, puis une  danse de portées tenue par des circulations entre sol et debout. Le final est une danse faite de jeux de jambes et de saut  exprimant l’énergie vitale qui communie les deux identités, féminine et masculine, sur  l’hymne de Beethoven, une ode à la joie.