"Et si la vie, toute entière, était unifiée par l’enfance? C’est le postulat qui se fait jour devant School of Moon d’Eric Minh Cuong Castaing. Dans cette pièce pour deux danseurs, des enfants et des robots, le mouvement se développe avec une grâce certaine et du sens. Dans l’esthétique épurée, minimaliste, d’un plateau livré aux corps minuscules, chaque gramme, chaque centimètre carré d’enveloppe corporelle devient visible. Sous la lumière diaphane et lunaire, la scénographie privilégie le même traitement des êtres animés par diodes ou capillaires. Dans cet espace hors du temps, semblable à un chapitre de roman d’anticipation, enfants et robots apprennent ensemble la mimesis. Pas comme contemplation idiote, mais imitation poétique, motivée par la volonté  intrinsèquement humaine, si chère à Aristote, de tendre vers une fin signifiante. Toute la beauté de School of Moon résidant dans sa faculté à devenir tel un enfant, par delà les contours morphologiques."

http://www.magmaa.fr/2016/02/01/school-of-moon-ou-la-possibilite-dun-apres/


"Alunissage d’une nouvelle population sur le plateau du KLAP, après celui du Ballet National de Marseille. La compagnie Shonen, autour d’Eric Minh Cuong Castaing, croque au plateau le dessein de nos enfants. Les « ères de jeu »  s'animent de réalisme et d’anticipation, de traditions et de symbolisme, à la manière d'un conte philosophique.Les tableaux vivants, comme des « vignettes rupestres », font le lien entre un système d'existence et un mode de représentation, entre la science et l’art. Le récit est porté par cette esthétique hybride qui influe sur les comportements de l'acteur, autant que sur les perceptions du spectateur. Danse classique, danse robotique, lumière lunaire et son complexe : le chorégraphe Castaing, les compositeurs Alexandre Bouvier et Grégoire Simon, et Sébastien Lefèvre à la lumière, travaillent leur savoir-faire avec une technique d'orfèvre, modulant en direct les éléments de fabrication de l'œuvre."

http://www.mouvement.net/critiques/critiques/ecole-du-3eme-type


"Chairs pixélisées, animations avalant les corps, mapping vidéo altérant l'architecture même du théâtre... Kaiju (« bête étrange » ou « bête mystérieuse » en japonais) s'illustre bien au-delà des effets que permet l'emploi du numérique sur scène. Cette chorégraphie d'Eric Minh Cuong Castaing, également graphiste d'animation 3D, reconfigure le corps à la mesure de son territoire actuel, à la fois local et mondial, nourri par un flux ininterrompu d'images à l'heure des mass media et de l'entertainment. Fruit d'un montage furieux resserré autour de ruptures (cuts sonores, modulations franches de l'éclairage...), la pièce ajourne cependant toute tentative de lecture narrative pour concentrer son public sur une réception sensible de l’œuvre. Et cette proposition à la fois dansée, plastique et cinématographique, n'est fort heureusement pas de tout repos. Elle ouvre des espaces difficiles où l'image du plateau elle-même est renversée à la faveur d'un noir soudain ou d'un éblouissement prononcé, d'un plan qui s'étend sur la durée ou d'un volume sonore poussé dans ses retranchements. Dans ce contexte éprouvant pour les sens, le tensiomètre est huilé par une composition musicale électroacoutisque des plus immersives. Ou, plus simplement parfois, par une présence. Celle de deux danseurs et d'un homme nu perturbateur, incarnés ou en lutte, puisant dans l'intériorité du bûto – cette « danse des ténèbres » née au Japon en réaction à Hiroshima – et dans le potentiel explosif de la danse hip hop, les ressources à même de questionner l'ingestion et la restitution du flot d'images qui les traverse. À chacun de saisir le sens de cet univers nécessairement fragmenté où la culture pop, les mangas du maître japonais Katsuhiro Ōtomo et l'histoire géopolitique mondiale figurent le portrait pixélisé d'une génération nourrie par le World Wide Web. On peut y percevoir la violence d'une impuissance désormais connectée aux bouleversements du monde. Ou autre chose."

http://evene.lefigaro.fr/culture/agenda/kaiju-2439966.php#critique_presse

 

Reportage filmé par VONEW95 en février 2013

Entretien Tv mars 2013 à Toulouse